La mission Rep Matters : Pour une représentation accrue des Noirs dans le secteur de la technologie et du capital de risque au Canada

Phil G. Joseph (gauche), Andre Charoo (droit)

En janvier, Phil G. Joseph, un jeune Noir avide de changement, lançait Rep Matters avec le soutien de Real Ventures. Un projet qui passionne Phil depuis quelques temps, Rep Matters est une série d’entrevues vidéo qui fait état des difficultés auxquelles font face les leaders Noirs et de leur expérience dans le milieu des startups au Canada.

C’est en avril 2020, par l’entremise de leur coach en leadership conscient, que Phil G. Joseph a fait la connaissance de John Stokes, associé chez Real Ventures.

Au cours des huit mois qui ont suivi cette première rencontre, Phil s’est consacré corps et âme à la création et au lancement de Rep Matters, avec l’appui de John et de l’équipe de Real Ventures.

Augmenter la représentation et la participation des Noirs dans les secteurs de technologie et de capital-risque Canadian

Cette série se veut une bougie d’allumage pour mobiliser la communauté Noire et accroître sa participation dans l’industrie en mettant à l’honneur des leaders de cette communauté. Nous espérons aussi démontrer aux investisseurs qu’accorder une plus grande place aux entrepreneurs Noirs, c’est puiser dans une source inexploitée de créativité et d’innovation qui peut rejaillir sur l’ensemble de l’écosystème des startups.

Les leaders à l’honneur dans cette série :

Leur parcours unique souligne à grands traits l’importance de travailler ensemble pour bâtir une communauté de startups plus diversifiée et inclusive.

Pour célébrer la série, nous nous sommes assis virtuellement avec Phil à la suite du lancement du projet pour discuter de ses attentes, des premiers échos qu’il a recueillis jusqu’à présent et de ce qu’il entrevoit dans un proche avenir.

À vrai dire, j’ai ressenti un grand soulagement. J’y travaillais depuis si longtemps et je voulais que tout soit parfait, mais je me suis fixé une date butoir et je l’ai respectée. Donc, un poids en moins sur les épaules, mais aussi de la gratitude envers les personnes qui m’ont aidé dans cette aventure, comme l’équipe de Real Ventures et mon directeur vidéo, Ben Jackson. Je ne vous cacherai pas que mon enthousiasme était aussi teinté d’une petite (ou plutôt d’une grande) peur de l’échec, mais les retombées potentielles du projet pour la communauté Noire et l’écosystème technologique me rendent très fébrile.

La réaction a été extrêmement positive. Comme chaque épisode est un dialogue entre deux personnes de la communauté Noire, nous en avons profité pour aborder des thèmes sur lesquels le reste de la population a rarement l’occasion d’entendre notre point de vue. Je me suis d’ailleurs fait dire que chaque épisode était très enrichissant. La série est également captivante pour les Noirs, puisqu’ils se découvrent dans des discussions à propos de la technologie et du capital de risque. Il y a donc un vent d’enthousiasme, et j’en suis très fier.

Une grande source de motivation. Je me suis reconnu en eux et j’ai senti que j’avais aussi ma place. J’ai pris conscience qu’il y avait bel et bien des leaders Noirs dans ce secteur, même si j’ai dû chercher un peu pour les trouver. Mis à part les entrevues, j’ai pu tisser des liens avec ces bâtisseurs qui ont su utiliser leur expérience personnelle comme tremplin vers le succès. Certains sont même devenus des mentors pour moi, mais ils m’ont tous grandement motivé à faire rayonner le message de Rep Matters pour inciter davantage de Noirs à s’investir dans le secteur de la technologie et du capital de risque.

Oui, j’ai été renversé d’apprendre que Janelle Hinds avait créé l’une des premières applications de suivi menstruel sur Android, mais que son idée était constamment rejetée dans le secteur technologique. Depuis ce temps, Apple et une panoplie d’applications ont intégré cette fonction à leurs applications santé. Je me suis alors posé la question : Quelles autres innovations ont été écartées simplement parce qu’elles étaient mal comprises ou sans intérêt pour les régisseurs de l’innovation, qui sont principalement des hommes blancs?

Je ne dirais pas que ç’a été difficile, mais j’ai dû creuser un peu pour trouver les bonnes personnes. Nous étions conscients que tout projet visant à représenter la diversité nécessite un peu plus de temps et d’efforts. Nous avons donc simplement dû mettre en application ce que nous recommandons aux autres pour faire bouger les choses.

Le plus ardu a été de trouver des femmes Noires, et ce, pour deux raisons :

1) D’abord, elles sont vraiment sous-représentées ou sous-estimées comme le dirait Janelle.

2) Ensuite, compte tenu de leur petit nombre, elles sont constamment sollicitées pour des initiatives paraprofessionnelles comme celles-ci et ne peuvent toujours dire oui à ces projets, aussi intéressants soient-ils.

Des exemples comme celui-ci renforcent ma conviction que les Noirs sont rarement les bénéficiaires d’initiatives générales promouvant la diversité. Si ces initiatives ne leur sont pas directement destinées, ils sont généralement sous-représentés. Construire des sociétés modernes sans démonter la hiérarchie raciale historique sous-jacente perpétue le racisme et les inégalités raciales. Lorsque nous choisissons de ne pas recueillir des donnés reliés à la race, il devient impossible de mesurer les disparités raciales dans certains contextes. Il n’est donc pas du tout surprenant que même quelque chose de positif comme une initiative sur la diversité de sexe puisse perpétuer des disparités raciales, si l’intersectionnalité du sexe et de la race n’est pas pris en compte.

C’est pourquoi il est si important de disposer de plus de données sur la répartition raciale et de manifester une volonté de mettre fin au racisme systémique dans le secteur de la technologie et du capital de risque. Nous devons savoir quel est le point de départ pour pouvoir mesurer les résultats à long terme découlant des initiatives de promotion de la diversité. Bien qu’il y ait encore énormément de problèmes dans ce contexte au États-Unis, ils ont des statistiques de base qui leur permettraient de mesurer leur progrès. Au Canada, il n’y a aucune recherche publiée ni de rapport sur quelle part du capital de risque va aux entrepreneurs Noirs, ni combien il y a d’investisseurs Noirs. On ne peut donc pas mesurer les progrès.

Mon désir de perfection, qui était alimenté par ma peur de l’échec. C’était bien d’avoir des exigences élevées à chaque étape du processus, mais pendant le montage, il m’est arrivé d’être tétanisé pendant plusieurs jours d’affilée. J’étais incapable de mettre tous les éléments du récit en place par crainte de faire le mauvais choix. En fin de compte, j’ai dû apprendre à faire confiance à mon processus créatif et accepter qu’il y aurait sans doute des critiques personnelles. Ce qui compte, c’est le message de Rep Matters et les changements qu’il peut amorcer.

Avant tout, une participation accrue des Noirs dans le secteur de la technologie et du capital de risque. C’est ma mission première. J’aimerais que les jeunes Noirs s’inspirent des invités de Rep Matters et aillent chercher les connaissances et les compétences dont ils ont besoin pour innover à leur tour et être une source de richesse intergénérationnelle. Je souhaiterais aussi que ceux que j’appelle les « régisseurs » du milieu saisissent cette occasion d’offrir un espace plus équitable et inclusif à la communauté Noire. Cela permettrait de stimuler l’innovation et de contribuer à réduire les écarts de richesse.

Mon premier conseil serait de regarder tous les épisodes de Rep Matters pour mieux comprendre les problèmes en jeu. Ensuite, je pense qu’ils devraient embaucher des professionnels de la diversité, de l’équité et de l’inclusion provenant de la communauté Noire pour établir des plans d’action répondant aux besoins. Voici quelques idées de départ :

  1. Assumer la responsabilité du manque de diversité raciale dans le milieu du capital de risque. Dans une optique de leadership conscient, assumer l’entière responsabilité d’un échec est le premier pas vers une solution.
  2. Faire de la diversité une valeur fondamentale qui se reflète dans toutes les décisions. Par exemple, recueillir des données sur la diversité raciale au sein de l’équipe et du portefeuille, et mesurer les progrès vers l’atteinte de cibles précises.
  3. Accroître la présence d’investisseurs Noirs, qui ont une autre perspective et des réseaux bien à eux.
  4. Parrainer des entrepreneurs Noirs, même ceux d’un autre portefeuille, les présenter à des investisseurs potentiels, des clients, etc.
  5. Faire de la collecte et du partage des données sur la diversité raciale une priorité. C’est la clé pour évaluer où nous en sommes en tant qu’écosystème et pour élaborer des plans d’action à long terme.

J’y reviens, je conseil d’apprendre directement des entrepreneurs et investisseurs Noirs mis en vedette dans les épisodes de Rep Matters sur ce qu’il faut faire pour obtenir du financement. Ensuite, regardez-vous honnêtement dans le miroir et réfléchissez aux raisons pour lesquelles vous souhaitez du capital de risque. Est-ce bien le bon choix pour votre modèle d’entreprise? Enfin, développez votre réseau et tissez des liens étroits sans vous limiter au créneau de votre entreprise.

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