Rétrospective 2021 : Une année exceptionnelle pour la technologie canadienne

Photo de Hermes Riviera sur Unsplash

Il n’y a pas de doute : 2021 a été une année sans précédent pour l’écosystème technologique canadien. À la fin du troisième trimestre 2021, le Canada avait déjà éclipsé son précédent record d’investissement annuel, avec 11,8 milliards de dollars investis dans 568 transactions. Alors que le marché du capital de risque bat des records dans le monde entier, le Canada dépasse les États-Unis et les marchés internationaux dans leur ensemble. Par exemple, l’investissement de risque dans les entreprises basées au Canada a augmenté de 4,1 x au troisième trimestre de 2021 par rapport à l’année précédente, tandis que les États-Unis ont augmenté de 1,7 x.

Trois facteurs clés sous-tendent le succès du Canada en tant qu’écosystème technologique :

  1. Le Canada peut s’enorgueillir de disposer d’un vaste réservoir de talents en IA, en innovation de rupture (deep tech) et en ingénierie. À elle seule, la ville de Montréal compte plus de 250 chercheur.euse.s en IA et 9 000 étudiant.e.s en IA, ce qui en fait la ville ayant la plus forte concentration de professionnel.le.s de l’IA à l’échelle mondiale. Et Toronto a la plus forte concentration d’entreprises en démarrage en IA au monde.
  2. Le Canada a un accès facile aux marchés mondiaux. La plus grande économie du monde se trouve juste au sud de la frontière canadienne et le Canada bénéficie du libre-échange avec tous les pays du G7. En outre, sa population riche en immigrant.e.s (plus de la moitié de la population de Toronto est née à l’étranger, par exemple) signifie que la vente sur les marchés mondiaux vient naturellement aux entreprises canadiennes.
  3. Le cycle vertueux dans lequel des entreprises technologiques prospèrent favorise l’émergence d’entreprises technologiques encore plus compétitives au niveau mondial (puisque le capital et le talent sont réinvestis) prend de l’ampleur. Il n’y a jamais eu autant d’entrepreneur.e.s récurrent.e.s, de dirigeant.e.s d’entreprises en expansion et d’investisseur.euse.s providentiel.le.s expérimenté.e.s au Canada.

En tant que l’une des entreprises de capital-risque en phase de démarrage les plus actives au Canada depuis 2007, chez Real Ventures nous trouvons incroyablement gratifiant de voir un si grand nombre des sociétés de notre portefeuille — et des jeunes entreprises canadiennes dans leur ensemble — connaître une croissance record et obtenir le soutien d’investisseur.euse.s de premier plan. En fait, le Canada est maintenant classé comme le quatrième meilleur pays au monde pour les entreprises en démarrage, après les États-Unis, le Royaume-Uni et Israël.

Vous trouverez ci-dessous les points saillants des différentes régions du Canada et les principales tendances que nous avons observées en 2021.

L’innovation technologique se produit d’un océan à l’autre

Toronto-Waterloo

Les entreprises basées en Ontario ont reçu plus de la moitié des fonds de capital-risque levés par les entreprises canadiennes entre le premier et le troisième trimestre 2021. À la fin du troisième trimestre 2021, les entreprises ontariennes avaient reçu 6,1 milliards de dollars d’investissements en capital-risque, dont 4,9 milliards à Toronto. Clearco, un fournisseur de capitaux basé à Toronto pour le commerce électronique et d’autres entreprises, a levé 215 millions de dollars auprès de Softbank en juillet, quelques semaines seulement après avoir annoncé un tour de financement de 100 millions de dollars qui a porté sa valorisation à plus de 2 milliards de dollars. L’entreprise en démarrage Xanadu, spécialisée dans l’informatique quantique, est un autre exemple d’entreprise torontoise qui s’impose sur la scène mondiale. En mai, elle a levé 120 millions de dollars dans le cadre d’une série B menée par Bessemer.

À mesure que Toronto acquiert une reconnaissance internationale, de plus en plus de programmes internationaux choisissent de s’implanter ou de développer leur présence à Toronto. Par exemple, Entrepreneur First a choisi Toronto comme première implantation en Amérique du Nord. Ce programme d’entrepreneuriat de six mois aide les fondateurs en herbe à lancer leur prochaine entreprise grâce à un financement et un mentorat importants. Techstars a doublé sa présence dans la ville, faisant passer de 12 à 24 le nombre d’entreprises qui suivent son programme chaque année. Ces programmes et d’autres programmes de classe mondiale, tels que le Creative Destruction Lab, contribuent à garantir que la croissance de la communauté technologique de Toronto continuera de s’accélérer.

Montréal

Montréal est le deuxième plus grand centre d’investissement en capital de risque au Canada, avec 1,8 milliard de dollars investis dans les jeunes entreprises technologiques de la ville au cours des trois premiers trimestres de 2021. Le deuxième trimestre a été particulièrement fort pour Montréal, qui a connu son meilleur trimestre de financement à ce jour, avec plus de 711 millions de dollars investis. Plusieurs financements importants en 2021 ont contribué à la croissance de l’écosystème montréalais, notamment la série D de 225 millions de dollars d’AlayaCare, un financement de 175 millions de dollars de Hopper, et un tour de table de série C de 100 millions de dollars conclu par Paper (un ancien participant de l’accélérateur FounderFuel de Real Ventures).

Il n’est pas surprenant que, compte tenu de l’extrême solidité des laboratoires de recherche universitaires et de la base de talents, l’intelligence artificielle et les soins de santé soient les deux domaines d’investissement à risque les plus importants à ce jour en 2021. Real Ventures demeure l’investisseur le plus actif à Montréal, ayant été l’un des premiers investisseurs actifs en phase de pré-amorçage et d’amorçage dans la ville dès 2007.

Vancouver

L’investissement en capital-risque en Colombie-Britannique a connu une année de percée en 2021. Au troisième trimestre 2021, les jeunes entreprises technologiques de la province avaient reçu plus de 2,3 milliards de dollars d’investissements dans 79 opérations et créé 10 licornes. La province est bien partie pour connaître sa meilleure année en matière d’investissements. La plus importante opération canadienne de capital-risque au troisième trimestre a été réalisée par Dapper Labs, basé à Vancouver, qui a levé 319 millions de dollars, sa deuxième levée de fonds de 2021. Un autre exemple local est la jeune entreprise d’infrastructure bitcoin Blockstream, une société du portefeuille de Real Ventures, qui a levé une série B de 210 millions de dollars en août, portant sa valorisation totale à plus de 4 milliards de dollars.

À travers le Canada

Au-delà des trois plus grandes villes du Canada, des entreprises technologiques solides lèvent des fonds et se développent rapidement dans tout le pays. Calgary continue d’afficher une certaine vigueur dans le domaine des technologies financières, avec la levée de 64 millions de dollars par Neo Financial pour accélérer sa croissance et la levée de 42 millions de dollars par Symend.

Toujours dans l’Ouest canadien, Vendasta, basée à Saskatoon, a annoncé en mai une levée de fonds de 119,5 millions de dollars. Parmi les autres exemples impressionnants d’entreprises en expansion qui émergent au Canada, mentionnons CoLabs, une entreprise de Terre-Neuve qui a annoncé une levée de fonds de série A de 17 millions de dollars en octobre, et Coveo, une entreprise de Québec qui est devenue publique en novembre.

Tendances 2021 en matière d’investissement

L’adoption des technologies a explosé pendant la pandémie et ne ralentit pas

Les entreprises technologiques — y compris le deep-tech, les logiciels et les services basés sur la technologie — étaient déjà en plein essor avant la pandémie. Lorsque la pandémie a frappé en mars 2020, après une période initiale d’incertitude, il est apparu clairement que l’adoption des technologies s’accélérait. Alors que les secteurs traditionnels tels que la restauration, l’hôtellerie et le commerce de détail ont eu du mal à se maintenir à flot, de nombreuses entreprises technologiques ont prospéré et se sont développées à un rythme accéléré. Selon un rapport de McKinsey, la COVID a accéléré la numérisation des industries jusqu’à sept ans. Les entreprises dans des domaines tels que le commerce électronique, la santé numérique, l’apprentissage en ligne et la collaboration en ligne ont connu une croissance sans précédent. Alors même que les vaccins ont été distribués dans le monde entier et que les craintes de pandémie commencent à s’estomper (malgré les répercussions d’Omicron), l’adoption des technologies continue de proliférer.

Les grands tours sont alimentés par un capital abondant

La taille moyenne des tours de table augmente dans le monde entier. C’est particulièrement vrai au Canada, où la moyenne des tours de capital-risque en 2021 (jusqu’à la fin du troisième trimestre) est 2,5 fois supérieure à la moyenne canadienne sur cinq ans, passant de 8,21 M$ à 20,7 M$. Cette croissance est alimentée par une abondance de capitaux et un écosystème canadien en pleine maturité.

Les fonds spéculatifs et d’autres grands investisseurs mondiaux qui, traditionnellement, se concentraient sur les investissements au stade de la pré-IPO, investissent désormais de manière vigoureuse dans les entreprises technologiques en phase de démarrage, souvent dès la série B et parfois dès la série A. Ils comprennent l’énorme potentiel de rendement des entreprises technologiques en phase de démarrage et à forte croissance et sont désireux de déployer des capitaux à ce stade. Des investisseurs tels que Coatue Management, D1 Capital Partners et Tiger Global ont considérablement accéléré leurs investissements dans les technologies en phase de démarrage au Canada et dans le monde. En fait, Tiger a investi dans plus d’une demi-douzaine d’entreprises canadiennes au cours des neuf derniers mois.

Chez Real Ventures, nous avons pu observer cette tendance à travers plusieurs entreprises de notre portefeuille. Par exemple, dcbel, une entreprise basée à Montréal qui fournit des stations d’énergie solaire à domicile, a annoncé en avril une levée de fonds de 40 millions de dollars menée par Coatue Management. Et Clutch, la principale plateforme d’achat de voitures en ligne au Canada, a récemment annoncé une Série B de 100 millions de dollars dirigé par D1 Capital Partners.

Le préinvestissement ralentit, ce qui suscite des inquiétudes

Malgré une année record pour les investissements en capital-risque au Canada, tout n’est pas positif. Alors que le nombre d’investissements en série A, B et en phase de croissance au Canada bat des records, le nombre d’opérations en phase de démarrage a en fait chuté depuis le début de l’année par rapport à la période pré-pandémique. Il s’agit d’une tendance alarmante à laquelle il faut remédier si le Canada veut continuer à produire des entreprises technologiques mondiales et évolutives dans les années à venir.

Contrairement aux tours d’investissement de stade ultérieur qui attirent les investisseurs internationaux, l’investissement de démarrage est un jeu local. Le Canada doit augmenter de manière significative le montant des capitaux disponibles pour ses entreprises technologiques en phase de démarrage afin de garantir une réserve solide et durable d’entreprises qui formeront la prochaine génération de leaders technologiques mondiaux.

Les entrepreneur.e.s ne sont pas tous financé.e.s de la même manière

En 2019, le Brookfield institute a souligné à quel point l’écart de diversité est important au sein du secteur technologique au Canada. À l’époque, seulement 20 % de la main-d’œuvre technologique canadienne s’identifiait comme une femme et 31 % comme une minorité visible. Les autochtones occupant des postes techniques ne représentaient que 1,3 %. Une étude de marché menée par Pitch Better Canada, une organisation qui aide les femmes entrepreneures à accéder à des capitaux par le biais de subventions et d’investissements, a révélé que les femmes noires, en particulier, sont confrontées à des obstacles incroyables pour obtenir des financements. Un exemple révélateur cité dans leur rapport est celui d’un programme canadien de subventions destiné à financer les femmes entrepreneures, qui n’a financé que trois femmes noires sur trois cents entrepreneures. Il est difficile d’évaluer avec précision les progrès réalisés, car peu d’organisations collectent des données sur le genre et la diversité de manière cohérente, voire pas du tout. Mais de multiples rapports révèlent que les femmes ont été affectées négativement de manière disproportionnée par la pandémie dans tous les domaines. Et les données américaines montrent que le financement des femmes entrepreneures en pourcentage de l’ensemble du financement a chuté pendant la pandémie.

Pour augmenter le nombre de femmes entrepreneures et d’entrepreneur.e.s de couleur recevant des fonds, le Canada a besoin de plus de programmes et de fonds dédiés au financement de ces groupes sous-représentés. Certains progrès ont été réalisés à cet égard au cours de l’année 2021. En juin, le gouvernement fédéral a annoncé le lancement d’un nouveau programme de prêts offrant un financement (jusqu’à 250 000 $) aux entreprises appartenant à des Noir.e.s; en un mois, il avait reçu plus de 7 600 demandes. Raven Indigenous Capital Partners, l’une des premières sociétés de capital-risque dirigées par des autochtones au Canada, a annoncé la création d’un fonds initial de 25 millions de dollars pour investir dans des entreprises en démarrage dirigées par des entrepreneur.e.s autochtones qui s’efforcent d’avoir une portée positive sur les communautés autochtones. Et StandUp Ventures, une société dédiée au financement des femmes entrepreneures, a annoncé un nouveau fonds de 30 millions de dollars au troisième trimestre de cette année. Bien que ces initiatives et d’autres constituent des mesures positives, il reste encore beaucoup à faire si nous voulons combler le fossé.

La guerre des talents est lancée et elle est féroce

La concurrence pour trouver des talents qualifiés, notamment des ingénieur.e.s, des gestionnaires de produits, des spécialistes du marketing numérique et d’autres gestionnaires techniques expérimenté.e.s, n’a sans doute jamais été aussi intense au Canada qu’au cours des six derniers mois. Les entreprises technologiques mondiales ont reconnu la force du talent technologique du Canada et, au cours des neuf derniers mois, des entreprises comme Google, Microsoft, Amazon, DoorDash, Twitter, Pinterest et Netflix ont toutes annoncé leur intention d’embaucher plus de Canadien.nes. Ajoutez à cela la croissance d’entreprises basées au Canada comme Clearco, BenchSci, Neo Financial et Hopper, et le fait que le travail à distance permet aux talents basés au Canada de travailler pour presque n’importe quelle entreprise dans le monde, et vous avez une grave pénurie de talents technologiques canadiens.

En conséquence, les salaires ont augmenté de manière significative, notamment pour les ingénieur.e.s. Plusieurs entreprises technologiques canadiennes ont signalé que leurs ingénieur.e.s se voient offrir des salaires de 50 à 100 % plus élevés pour travailler ailleurs. Afin d’attirer et de retenir des talents de classe mondiale, les startups technologiques canadiennes versent des salaires plus élevés, offrent plus d’options et repensent tous les aspects de leur offre aux employé.e.s, notamment les avantages sociaux, le travail à distance ou en personne, l’évolution de carrière, les possibilités de formation et la culture d’entreprise.

Technologie canadienne : une étoile montante sur la scène mondiale

L’écosystème technologique canadien bénéficie d’une reconnaissance internationale depuis des années, mais l’année 2021 a été une véritable percée, avec une accélération de la croissance et une montée en flèche du nombre de licornes technologiques basées au Canada. Alors que les investissements dans la technologie atteignent des records dans le monde entier, le Canada dépasse la croissance mondiale et connaît une croissance deux fois plus rapide que celle des États-Unis. Cette évolution est due à la profondeur et à l’étendue de la réserve de talents du Canada, à la facilité d’accès aux marchés mondiaux et à l’accélération de l’effet de réseau d’un solide écosystème technologique. Il n’y a jamais eu de moment aussi excitant pour faire partie de la communauté des jeunes entreprises technologiques canadiennes et nous nous réjouissons de l’année à venir!

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